Auteur/autrice : Dom

Au cœur d’une famille sénégalaise

Acaras

Nous sommes arrivées mercredi soir à Mbour et avons été accueillies par Théo que connaît Christine d’un précédent voyage au Sénégal.

Théo est guide touristique pour des agences Françaises, Huwans et Nouvelles Frontières. Avec la Covid, son activité a été interrompue… Il n’a plus aujourd’hui que de petits boulots pour faire vivre sa famille (travaux des champs, locations de chaises, ventes de glace, ventes de chaussures qu’il reçoit du Maroc et quelques prestations de services de type accueil ou accompagnement de transferts pour les quelques touristes qui voyagent encore…)

Théo, aîné d’une fratrie de 5 enfants, vit dans la maison de ses parents qu’il a agrandi et modernisé. Le terrain est partagé avec d’autres membres de la famille, oncles, cousins, … font partis du voisinage direct.

La maison, comme toutes les maisons, est entourée de hauts murs qui préservent de la chaleur. Dans le même ordre d’idées, les ouvertures portes et fenêtres ne sont pas très larges mais assurent une bonne ventilation et une « certaine fraîcheur » des lieux malgré les 35-36° extérieur.

La journée de Frédérique, la femme de Théo, débute tôt le matin par le balayage du sable de la cour et des alentours de la maison. Oui, oui le sable pour retirer les petits déchets de la journée…

C’est aussi l’occasion pour les femmes du quartier de papoter ! Pas ou peu de répit pour elle tout au long de la journée, les heures s’égrainent au rythme des repas, du ménage, des lessives… sans robot cuisson, sans aspirateur, sans machine à laver !!! activités qui sont pratiquées au ras du sol…

Je crois que je me souviendrai longtemps de l’épluchage, heureusement collectif, des petits haricots en grain pour faire des acaras (petits beignets) pour le soir du 31 décembre… Vive les légumes épluchés Picard ! 😉

Les enfants, Georges 17 ans, Anne Rose 7 ans aident volontiers aux différentes tâches, petites courses, vaisselle, table, préparatifs de la cuisine, … et tous, enfants et adultes gardent un œil sur Maurice, le petit dernier, 2 ans.

Une partie des repas préparés revient aux parents de Théo, Rose et Maurice, qui vivent dans une des 3 « suites parentales » de la maison.

Devant la concession (maison) une grande place pour permettre aux enfants de jouer au foot. A proximité des femmes vendent quelques petits légumes et condiments, qu’elles ont été chercher tôt le matin au marché de Mbour, et dépannent ainsi les familles du quartier.

Voisins, oncles, cousins, copains, … passent à l’improviste tout au long de la journée… l’occasion de discuter, d’échanger, de comprendre… Je vous partage la pensée de Paulin : « Ce que la barbe dit le matin, c’est le pagne qui l’a dit le soir ! » pour signifier que la société sénégalaise est, en dehors des apparences, matriarcale !!!

2022…

Nouvelle année, nouvelle page blanche… pour écrire votre plus belle histoire aux couleurs de la vie… dans la lumière… telle celle qui illumine mon voyage africain et que je partage volontiers avec vous.

Belle année 2022

Dominique, près de vous par la pensée et le cœur

Pause nettoyage et rangement…

Nous sommes au niveau de Mouit

Le campement Zebrabar est situé à une trentaine de kilomètre au sud de Saint Louis. Il fait face à une bande de terre nommée langue de barbarie qui sépare l’océan du fleuve Sénégal et protège la côte.

Notre bungalow, pratiquement les pieds dans le fleuve, nous offre une vue imprenable sur cette petite bande de terre ainsi que sur les vagues de l’océan qui la frappe…

Nous prenons le temps de gérer « l’intendance »… Faire une grande lessive, tremper mes vêtements dans un produit insecticide, ranger la caisse popote, ranger nos vêtements d’hiver au fond du sac et dépoussiérer la voiture… Ce n’est même pas une corvée quand on est à l’extérieur dans un si bel endroit !!!

Et oui, ça y est, depuis quelques jours j’ai retiré ma polaire… place maintenant à la crème solaire et aux produits anti moustiques. 😉

Nous n’en avons pas encore beaucoup grâce au vent qui vient de l’océan… mais plus nous allons aller vers le sud plus le climat va être humide et plus nous allons nous couvrir de la tête aux pieds en fin d’après midi… alors… pour mettre toutes les chances de mon côté, ce matin mes pantalons, chaussettes et chemises ont eu droit à un bain dans un produit insecticide spécial trempage !

Le Djoudj, paradis des oiseaux migrateurs…

Martin, 83 ans

Hier, jour de Noël, nous avons fait route vers le Djoudj, situé à une soixantaine de kilomètres au nord de Saint Louis, dans le delta du fleuve Sénégal.

Première étape une balade en pirogue d’une heure trente environ nous a mené jusqu’au nichoir des pélicans. Après un repas typique sénégalais, Yassa poisson pour Christine et Yassa poulet pour moi, nous avons repris la voiture pour un tour du grand lac.

Nous avons pu observer des pélicans bien entendu mais aussi des flamants roses (qui sont blancs), des flamants nains (qui eux sont roses), des aigrettes, des hérons cendrés, des cormorans, des martins pêcheurs, de nombreux canards, des balbuzards, … 350 espèces cohabitent là pendant l’hiver européen. Quelle splendeur !!!

Après une nuit au campement des villageois (c’est une autre forme de tourisme sans wifi mais tellement plus proche de la population et de leur quotidien), nous avons repris la route vers le sud en direction de la langue de barbarie. Arrêt à la réserve de Geumbeul qui abrite principalement des animaux en voie d’extinction, notamment des tortues géantes, des oryx dammah et des singes rouges « les patas ».

Pique nique improvisé avec le personnel de la réserve à l’ombre des acacias… trop sympa !!! Sur leurs conseils nous allons passer la nuit face au fleuve Sénégal et à la mer, au campement Zebrabar.

Joyeux Noël de Saint Louis 🎄

Nous sommes depuis hier soir à Saint Louis du Sénégal… enfin !!!

Nous avons traversé la Mauritanie aussi rapidement que possible… 2 journées particulièrement éprouvantes.

En longeant la côte atlantique, la Mauritanie, c’est 700 kilomètres de désert de pierres et de sable, une route droite, peu de vent, un soleil de plomb et 34° dans la voiture…

La toute dernière partie est une piste en mauvais état, il faut compter entre 2 et 3 heures pour faire les 100 derniers kilomètres pour passer par le poste frontière de Diama (beaucoup moins fréquenté que celui de Rosso)… compensation non négligeable… longer une immense lagune et le fleuve Sénégal et voir des milliers d’oiseaux…

Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, nous avons fait le tour du quartier des pécheurs (avec mon masque aspergé d’huiles essentielles pour éviter les odeurs nauséabondes !) situé en bas de la langue de terre qui descend de la Mauritanie puis le tour de l’île Saint Louis qui conserve de très nombreuses maisons typiques de l’époque coloniale avec toits en tuiles, balcons en bois et balustrades en fer forgé.

Dès que l’on franchi le seuil de ces maisons, on entre dans un patio propice à la détente…

Anecdote du jour… Je sors de la voiture pour faire une photo et terrorise littéralement un jeune enfant qui jouait à faire rouler un pneu… est ce mon masque 😷, mes lunettes de soleil 😎 ou bien ma peau blanche 😱 ???

Je vous souhaite à tous un bon réveillon et une belle journée de noël

Libres !!!

Petit amas de pierres… guide sur le chemin !

Hier, contre toute attente, à 16h, nous avons été libérés…

Christine s’est levée le matin en disant c’est aujourd’hui ou demain… J’avoue que je ne partageais pas vraiment son optimisme, les autres non plus d’ailleurs… les nouvelles du caïd le matin ne laissaient rien présager de bon… mais finalement ils nous ont ouvert la frontière pour laisser passer uniquement le petit groupe des « Libérez-nous » (c’est ainsi qu’ils nous dénommaient quand nous arrivions à chaque contrôle).

Nous étions tous prêts en un temps record… affaires chargées en vrac… vélos attachés aux camping cars…

Pourquoi ? Comment ? Difficile à dire… peut être grâce aux rapports faits pour les observateurs de l’ONU qui logeaient dans le même hôtel que nous… ou bien grâce au corps diplomatique qui a stationné sur « notre » parking 2 jours avant…

Quoi qu’il en soit je vous laisse imaginer le grand bonheur que nous avons partagé tous ensemble !

Ce soir nous dormons à Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Demain départ pour la frontière sénégalaise que l’on nous a conseillé de traverser d’ici demain soir… avant de passer les fêtes de Noël à la frontière Mauritanienne !

Malgré ces derniers jours, en quittant le Maroc, après plus de 3 semaines et 3300 kilomètres, j’emporte avec moi…

👉 Les sourires des nombreuses personnes croisées dans les rues, heureuses d’échanger trois mots de français à la volée…

👉 L’accueil si chaleureux des hôteliers…

👉 Le sens du service des serveurs dans les cafés et les restaurants… Un clin d’œil particulier au restaurateur de Fès qui a mis en place une grande rallonge pour que nous puissions nous installer en terrasse avec nos tablettes et pc déchargés…

👉 Ce jeune cuisinier qui attendait à la porte de sa cuisine de savoir si ce qu’il m’avait servi me convenait…

👉 Les milliers de café remplis d’hommes à toute heure de la journée… Mais aussi leurs regards désapprobateurs parfois…

👉 Les « parcmen » (mieux que nos parcmètres pas très sociables !) qui arpentent quelques mètres de trottoirs ou de grands parkings pour aider à stationner et récolter quelques dirhams…

👉 Les piétons qui traversent lentement, très lentement dans le flot de la circulation des villes…

👉 La circulation justement avec ces milliers d’engins en tous genres qui déboulent dans tous les sens et qui forcent le passage… mais aussi la faible utilisation du klaxon dans cet immense charivari…

👉 Lahrcen qui nous a gentiment reçu dans son village berbère…

👉 Le personnel de notre dernier hôtel qui a tout fait pour nous rendre la vie plus simple (mise à disposition de leur cuisine autant que nécessaire par exemple)

Et tant d’autres encore… que d’hommes rencontrés… si peu de femmes…

J’emporte tout cela et bien plus encore…

Merci à tous pour votre soutien… qui a contribué à garder espoir !

Personnel de l’hôtel Dakar

Courses en ville…

A la une du journal de la région est…

A 2 kilomètres de notre « parking », il y a la ville de Barbas, commune rurale de Bir Gandouz.

Comme toutes les villes du Maroc (petites, moyennes ou grandes), on y entre par une large avenue (minimum 4 voies) bordée d’éclairages publics de type grands lampadaires (selon les villes ils sont parfois très travaillés !). C’est toujours un étonnement… imaginez on vient de faire des centaines de kilomètres de désert et on se retrouve sur une immense avenue sans rien autour…

La première impression de la ville de Barbas est de traverser une ville fantôme… Les 2 mosquées ainsi que les bâtiments administratifs sont flambants neufs… tout le reste est en chantier…

D’immenses terrains sont équipés et attendent la construction de lotissements…

Pour autant on trouve tout dans les quelques boutiques du centre ville !

Accros du shopping, je vous laisse apprécier les photos… aucun risque de faire chauffer la carte bleue !!!

Donc une de nos « distractions » 😂 est d’aller en ville à la recherche de ce dont nous avons besoin (comme par exemple de l’eau de javel pour en mettre quelques gouttes dans l’eau de lavage des tomates) et nous tombons parfois sur des produits inattendus… Avez vous déjà vu une boite de 88 portions de « vache qui rit » ? qu’il est tout à fait possible d’acheter à l’unité me précise le vendeur ! Nous avons également trouvé des petits gâteaux secs et des petites cacahuètes aux graines de sésame délicieuses…

Christine a même trouvé l’oreiller qui lui manquait…

Mais… pas une goutte d’alcool… Si nous sommes encore là à Noël, il sera donc très sobre !!!

Plus que 2 jours avant la prochaine échéance…

L’eau, source de vie… 🌫

Racine dragon…

Ce matin nous avons décidé d’aller jusqu’à « Barbas plage » à 14 km de la ville, histoire de passer le temps et prendre quelques photos…

Après 2 matinées de brouillard et la journée d’hier grise et humide, ce matin le ciel est plus clair.

Christine qui connaît bien le désert et ses phénomènes, nous arrête en chemin pour voir de plus près si les quelques épineux perdus dans le désert ont fleuri…

Et bien oui, le peu d’humidité ambiant a suffit pour que la vie reprenne, s’épanouisse ! c’est littéralement magique… là où il n’y avait rien la veille, nous trouvons en quantité (il faut faire attention où l’on met les pieds) de petites plantes grasses, un genre de thym et de camomille sauvage et des épineux fleuris…

C’est un enchantement pour nos yeux 😍 et pour les quelques chameaux non loin de là… 🐫🐫🐫

… Si nous n’avions pas été arrêtées, aurions nous pris de temps de cette promenade dans le désert ???

Couscous

Couscous offert par le caïd

Le vendredi, pour les musulmans, est une journée importante… Comme le dimanche pour les chrétiens. En début d’après midi nos amis marocains et sénégalais de confession musulmane sont allés ensemble à la mosquée pour la prière collective… à la suite de quoi ils ont partagé un couscous offert par le caïd, avec le groupe… Couscous de dromadaire bien entendu🐪🐪🐪

Nous avons préféré sortir en ville et manger notre premier couscous… au poulet… à une heure raisonnable… Pourquoi notre premier couscous alors que cela fait plus de 3 semaines que nous sillonnons le Maroc ? Parce ici le couscous c’est uniquement le vendredi 😉

Normalement le couscous se déguste avec les doigts tout comme le tajine avec le pain… un (ré)apprentissage 😏

Côté nouvelles du front… on s’occupe en attendant le 23 décembre, dernière date avancée par les autorités !

Bon week-end à tous

Réveil dans le brouillard…

Ce matin, au réveil, l’hôtel et ses alentours est dans une nappe de brouillard… Tout comme nous d’ailleurs !!!

Donc hier, nous nous sommes tous préparés au départ… Plein d’essence, courses alimentaires, rangement des bagages, chargement de la voiture en faisant de la place à nos 2 marcheurs, …

A 18h nous nous sommes positionnés en file indienne sur la route en direction de la Mauritanie, Christine et moi en tête de cortège…

Je crois que les gendarmes ont été surpris de notre audace qui ne fait pas partie de leurs schémas mentaux… Nos préparatifs n’ont pas été discrets et pourtant ils ne nous ont pas vu venir…

Surpris, le gendarme de garde nous demande où nous allons, ce à quoi Christine répond Guerguerat (poste frontière) sans se démonter… réponse « attendez »… et il appelle immédiatement son supérieur.

Son supérieur c’est l’adjudant chef, plus haut gradé local de la gendarmerie royale. Nous l’avons déjà croisé à 2 reprises… Non seulement il est imbu de lui même mais c’est aussi un colérique… et hier soir il nous en a fait une démonstration… Considérant que nous gênions la circulation (sur une route où il passe, à tout casser, une dizaine de véhicules à l’heure), il nous a hurlé de sortir de la route… la parfaite caricature de l’adjudant Cruchot…

Il a ensuite été se cacher derrière notre véhicule pour téléphoner… sont alors arrivés le caïd, qui pourrait correspondre au sous sous préfet puis le « vizir », au dessus du caïd, qui semble être, selon notre compréhension, un représentant de la province.

Nous avons pas eu de nouvelles informations, sinon maintenant que la frontière reste fermée, côté marocain, jusqu’au 31 décembre…

Loin de nous décourager, ce matin, nous avons confectionné et affiché une banderole marquée « libérez nous » en français et en arabe… nous avons fabriqué également des maracas qui nous permettent de faire du bruit et d’attirer l’attention à chaque passage de véhicule… plus une petite vidéo pour les réseaux sociaux…

Je crois que ce n’est pas la peine qu’on se représente à la frontière dans les mois à venir ! 😉😅🤣

Côté logistique, on s’organise nettoyage de la chambre, course pour préparer nos repas car j’en peux plus du tajine de dromadaire…

Je voulais de l’aventure… et bien je suis servie !!!