Mois : février 2022

Côte d’Ivoire, terre de sourires et d’accueil

Si au nord du pays il n’y a pas encore eu de pluie, ce n’est pas le cas à Abidjan où il pleut toutes les nuits. Christine dit que c’est la pluie des mangues. Sur la plage, le matin, il fait doux mais extrêmement brumeux, au point que les quelques courageux qui viennent faire leur sport sont assez fantomatiques… j’ai le sentiment d’être seule au monde… le soleil finit par percer dans la matinée… mais le ciel reste invariablement blanc !

J’ai commencé le tri dans tout ce que j’ai emporté et qui ne nous a finalement pas servi… pour certaine chose c’est tant mieux 😉… et qui va à coup sûr faire des heureux maintenant 😀… Les vêtements qu’il me reste de mes petits enfants, les médicaments, la « bobologie », une moustiquaire, des masques,… Bref, le très modeste dispensaire du quartier France de Grand Bassam est ravi !!! et moi aussi 😍

Nous allons tenter de laisser dans la voiture ce qui ne trouvera pas preneur et ce qui pourrait être utile pour un prochain voyage… sans garantie de les retrouver à l’arrivée…

L’avantage de rester « statique », c’est que nous finissons par être connues… les contacts se font plus proches… les petites vendeuses nous reconnaissent… lancent des « bonsoir chérie »… donnent leur numéro de téléphone pour passer commande et ainsi avoir les meilleurs produits… me rattrapent si je pars sans ma monnaie… la cuisinière du restaurant a adapté la quantité de nourriture dans l’assiette à nos appétits et fait tout son possible pour ne pas nous faire attendre (on passe commande quand même!)…

Partout ici nous sommes bien accueillies, avec de grands sourires… les jeunes nous envoient des baisers ou des cœurs avec leurs doigts… Rien n’est feint… tout est naturel… les ivoiriens ont un franc parler désarmant parfois…

Un policier à notre arrivée à la frontière m’a dit « tu vas rester ici »… et quelque part il a raison, je vais partir avec l’envie de revenir… nous avons croisé des français qui reviennent régulièrement…

Pour finir une petite anecdote amusante… Nous faisons toujours extrêmement attention à récupérer de la monnaie partout où c’est possible pour pouvoir faire nos petites emplettes (fruits, pain, …) et éviter à la marchande la recherche de monnaie qui peut prendre du temps, beaucoup de temps… Mais nous ne nous attendions pas à rencontrer cette difficulté dans les supérettes… qui ont contourné le problème en donnant des bonbons ou des petits gâteaux à la place des pièces de 25 et 50 Francs CFA… 😉 😋

Nous n’irons pas plus loin… 😭

L’objectif de Christine était d’aller au moins jusqu’à Lomé au Togo pour y déposer en toute sécurité sa voiture chez un ami et ainsi pouvoir poursuivre le tour de l’Afrique à la prochaine saison sèche…

Pour anticiper la frontière suivante et les lenteurs administratives, nous sommes allées à l’Ambassade du Togo à Abidjan… cette fois nous avons essuyé un refus catégorique… avec la pugnacité de Christine et fortes de nos expériences passées, nous avons entrepris plusieurs démarches… à l’ambassade du Togo à Accra (Ghana) pour tenter d’obtenir un laisser passer… pris contact avec des connaissances du contact de Christine à Lomé… La réponse fut catégorique… Le pays est en état d’urgence sanitaire jusqu’en septembre 2022… Il ne faut pas espérer…

Donc changement de plan… On entre au Ghana le 1er mars et on revient en Côte d’Ivoire avant la fin de notre vignette touristique, le 26 mars 2022, pour mettre la voiture sur un bateau direction la France… Une bonne quinzaine de jours pour visiter le Ghana, c’était jouable… Mais voilà… c’était sans compter sur la bureaucratie et les lenteurs administratives de l’ambassade du Ghana… notre dossier complet pour l’un des employés ne l’était pas pour l’autre… il fallait donc reprendre un rendez vous de dépôt puis attendre de nouveau une semaine pour obtenir le visa… Donc le Ghana sera pour une autre fois… ou pas… Christine étant très remontée…

Nous sommes tristes de n’avoir pas pu aller au bout du rêve des mamies trotteuses…

Cela ne nous a pas empêché de nous faire un petit cadeau d’anniversaires anticipés et un grand plaisir d’une journée… direction N’ZI River Lodge près de Bouaké à 350 Km d’Abidjan… où cette fois nous avons pu observer de près et de loin des animaux dans leur élément naturel… Cobs de Buffon, Cobs de Fassa, Buffles des forêts, Phacochères et même quelques singes (vervet et pattas) au loin… et enfin un éléphant, emblème de la Côte d’Ivoire !!!

Nous avons appris lors du safari photos que nous avions pique niquer le midi sur le terrain de Goliath, le rhinocéros blanc de la réserve… 😉 Bon ! Il ne nous a pas rendu visite et nous n’avons donc pas eu à partager nos sandwichs à la vache qui rit… 😁🙄😏

Maintenant nous préparons tranquillement, comme toujours, le retour…

Mosaïque de couleurs…

Les pagnes colorés représentent la marque de fabrique de l’Afrique.

Un pagne est un morceau de tissu de 1,20 mètre de largeur sur près de 5,5 mètres de longueur pour un pagne complet. Il est souvent possible de l’acheter par morceau d’environ 2 mètres.

De façon traditionnelle ou plus moderne, le pagne se porte facilement car il est léger, confortable, souvent entièrement en coton.

La modernisation n’a pas chassé la tradition. Le pagne s’adapte à chaque occasion en étant surtout l’élément indispensable lors d’un mariage coutumier où chacun fait faire son vêtement à partir du même modèle de pagne.

Même si les mamans africaines continuent d’affectionner le port traditionnel, c’est-à-dire un pagne long et un second plié qui se superpose à lui, les plus jeunes le portent en robes, vestes, pantalons…

Le pagne n’est pas réservé aux femmes… les hommes et les enfants portent fièrement des ensembles pantalon chemise…

Des pagnes spéciaux sont proposés le jour de la fête des femmes le 8 mars… et chacune arbore fièrement sa tenue qui outre ses couleurs chatoyantes fait la part belle à l’image de la femme et aux slogans « féministes »… « on ne naît pas femme, on le devient »… « défis sécuritaire et sanitaire, quelle stratégie pour une meilleure protection des femmes ? »… « si Dieu n’avait pas fait la femme, il n’aurait pas fait la fleur »… 😉😍

Qui dit transformation des pagnes en vêtements dit couturiers et couturières capables de confectionner ce que vous souhaitez à partir d’une simple photo, d’un vêtement ou bien même de quelques explications. Et tout est sur mesure, ajusté à la silhouette… Toutes ces tenues élégantes et colorées sont un ravissement pour les yeux.

On ne peut pas parler de belles tenues sans parler de la coiffure… En l’occurrence les tresses. Là encore les femmes font preuve d’une grande créativité et d’une grande patience…

Alors j’ai essayé… mais sur mes cheveux lisses… c’est compliqué et le crâne blanc n’est pas très seyant ! 🤣

Particulièrement le week-end, habillées, coiffées et maquillées, elles sont toutes magnifiques !!!

Et pourtant, il nous est arrivé plusieurs fois de nous entendre dire « vous êtes belles »… dans nos tenues plutôt « roots »… on cherche encore…

Temps élastique…

Un Ivoirien nous a dit, le temps en Afrique c’est comme la famille, il est élastique…

Effectivement nous l’avons expérimenté cette semaine… Muni de nos photocopies de passeport, carnet de vaccination et attestation covid nous sommes arrivées à 9h30 à l’ambassade du Ghana… et ressorties à 14h30 avec nos photocopies et l’impression de notre demande en ligne 🙄… Impossible de déposer la demande… Nous devons revenir avec l’ensemble des documents mardi prochain matin… et ensuite récupérer notre passeport avec le visa entre 3 et 5 jours après selon le prix que l’on est prête à y mettre…

Donc normalement, nous aurons notre sésame fin de semaine prochaine… Record des 11 jours d’attente au Maroc battu puisque nous l’aurons attendu plus de 2 semaines…

École de la patience… Tout finit par se faire…

Nous profitons de ce repos imposé pour faire faire la révision de la voiture… nécessaire après nos 14000 km de routes… vidange, filtres et plein du lave glace… dont on fait une grande consommation avec la poussière…

A chaque fois, c’est toujours le même étonnement pour ces messieurs… 2 femmes, 2 mamies trotteuses venues seules de France…

Pour tuer le temps, Christine a eu l’idée géniale de demander à un artisan « batikier » de nous aider à réaliser un batik. Donc ces 3 derniers jours nous sommes allées, en élèves studieuses, réaliser, avec l’aide d’un artiste, un Batik.

Le batik est une technique d’impression des tissus réalisés par les experts en 8 étapes… Le dessin réalisé à main levée au stylo ou au crayon… la cire chaude déposée sur le tissu en dessinant les motifs… des couleurs complémentaires selon le résultat souhaité… un premier bain de teinture… puis de nouveau la cire chaude pour protéger les couleurs… deuxième bain de teinture… puis lavage à l’eau bouillante pour retirer la cire… et enfin rinçage…

Pour nous il aura fallu beaucoup de cire et quelques étapes supplémentaires… Mais le résultat est là !!! et Christine a épaté le « batikier » avec son coup de crayon !

En plaisantant, il nous dit qu’il va ouvrir un atelier de confection de batik pour personnes âgées… C’est l’occasion de le questionner sur le succès qu’il aurait auprès des ivoirien(ne)s et il convient qu’ici les personnes âgées n’ont pas de temps libre… faisant partie intégrante du village… deux réalités opposées… l’une cherche à occuper le temps… l’autre vit le temps présent…

Histoire de femmes…

Les dernières informations sont plutôt encourageantes… nous devrions avoir notre laisser passer pour le Ghana à compter du 1er Mars… maintenant il nous faut remplir les demandes de visa en ligne… sur un site en anglais exclusivement…

Aussi je profite de tous les échanges que je peux avoir avec les Ivoirien(ne)s, avant de passer quelques temps dans un pays anglophone… ça va être dur…

Ce qui est notable, c’est que tout au long de notre traversée, il a été plus facile de discuter avec des hommes qu’avec des femmes… D’abord parce ces messieurs saisissent toutes les occasions d’échanger avec des Françaises laissant peu de place aux dames, plus réservées…

A Grand Bassam, cela a enfin pu être le cas ! Peut être parce que c’est en quelque sorte la banlieue d’Abidjan et qu’elles ont une certaine habitude avec les touristes…

Quoi qu’il en soit ce fut de vrais petits moments de bonheur pour moi que de confronter notre réalité quotidienne en France à celle des femmes Africaines.

Donc laissez moi vous raconter en quelques mots mes échanges avec 2 d’entre elles…

K, jolie jeune fille de 22 ans, vit chez ses parents avec son petit garçon de 5 ans. Elle a fait le choix de ne pas vivre avec le papa pour avoir une chance de se marier… ne pouvant assumer seule sa (sur)vie et l’éducation de son enfant… son rêve avoir son propre salon de coiffure et d’esthétique… mais pour cela il faut 400 000 Francs CFA (environ 650 euros) selon elle… difficile de faire des économies avec un salaire mensuel mensuel d’à peine 130 euros… « ça sert pour les vêtements et l’entretien » me dit elle… Elle me laisse son numéro de téléphone… « si vous revenez vous serez ma cliente ! »

M, maman de 2 enfants, vend des vêtements sur la plage… je n’ai pas besoin de robe de plage… avant de partir elle me propose des tresses… « OK demain !»… le lendemain après midi donc, première séance de tresses… sans élastiques, « elles sont gâtées » me dit elle… effectivement elles n’ont pas tenu la soirée… désolée, elle me dit « je vais acheter des élastiques, je reviens demain »… et le lendemain, elle est là ravie de ce contact, de cet échange… échanges de femmes… sur les difficultés de l’éducation des enfants… sur les maris pas toujours au « rendez vous »… sur le plaisir qu’elle a eu de travailler pour des blancs partis maintenant… sur le regret qu’elle a de n’avoir pas été à l’école, ses parents ne l’ayant pas autorisé… sur les cours du soir « qui fatiguent »…

Mon cœur de femme est touchée par ces réalités si loin des miennes… Je les trouve extrêmement courageuses… avec une belle volonté d’avancer…

Et puis il y a toutes ses jeunes filles, serveuses dans les restaurants plus ou moins débutantes, pas très assurées, qui font le maximum pour bien faire…

Vous avez remarqué le vocabulaire coloré…

Partout où l’on arrive… à l’hôtel mais aussi sur n’importe quel étal de marchande, à la banque… nous sommes accueillies par un grand sourire et un « bonne arrivée ! »… qui ne veut pas seulement dire « bienvenue »… mais aussi « j’espère que vous avez fait bon voyage »… chaleur et hospitalité garanties… Ne vous étonnez pas si vous m’entendez vous le dire lorsque j’aurai le plaisir de vous revoir…

Il y a aussi le « ça fatigue » et le « c’est gâté » que j’ai mis un peu plus de temps à comprendre… « ça fatigue » signifie c’est difficile, c’est trop… « c’est gâté » signifie c’est abîmé, c’est moche, c’est sale… notre voiture est souvent gâtée

Compagnons de route…

Nous sommes toujours en attente de la réponse de l’ambassadeur… donc nous occupons le temps utilement… hier nous avons vidé entièrement la voiture et fait faire un grand nettoyage intérieur et extérieur… après 3 mois de voyage elle en avait besoin… mais quel travail harassant par cette chaleur humide… nous étions trempées de sueur et à point pour une nouvelle douche…

Il faut dire que depuis samedi nous avons des orages et de la pluie ! De ces pluies tropicales qui ne préviennent pas…

L’actualité n’est pas intense… c’est donc le bon moment pour vous parler de nos compagnons de route…

Souvent dans l’imaginaire collectif on associe l’Afrique à bestioles en tous genres… Il nous est arrivé de voir des petits margouillats mangeurs de moustiques dans nos chambres… Nous avons croisé le chemin de souris 🐭(dans les réceptions mais aussi dans notre dernière chambre!!!)… et anecdotiquement des cafards pas plus grand que ceux de chez nous… et pour ma belle fille, quelques minuscules araignées 🕷… franchement, c’est gérable !

Les moustiques 🦟 nous préoccupent davantage… Nous appliquons scrupuleusement les règles de Christine, à partir de 17h, manches longues obligatoires (bras et jambes) et parfum « cinq sur cinq » sur ce que l’on ne peut pas couvrir… résultat seulement 2 piqûres pour moi, zéro pour Christine…

A l’extérieur le plus gênant c’est les mouches 🦟 dans certains coins du pays… surtout les minuscules, les mellipones, qui cherchent les yeux, le nez et les oreilles… mais Christine a tout prévu… la moustiquaire faciale… 😉

Et puis il y a ces drôles de lézards à la tête plus ou moins colorée entre jaune et orange… très territoriaux… ils chassent tous les intrus… il y en a même un qui a tenté de m’impressionner… mais là il a perdu ! 🦎

Il y a aussi les roussettes, espèce de grandes chauves-souris, que l’on peut voir dormir dans les grands arbres la journée… de grands et beaux papillons qui jouent à cache cache avec notre objectif… et des oiseaux, de toutes les tailles, de toutes les couleurs… qui nous réveillent de leurs chants mélodieux le matin… et qui demandent quelques recherches à Christine, la passionnée d’ornithologie, quand elle ne les connaît pas…

Nous aurions aimé rencontrer un éléphant 🐘, emblème de la côte d’Ivoire… Que nenni… En reste t’il encore ? Les forêts dévastées nous laissent penser que non !

Toutes les photos ont été prises par Christine. Pour les puristes, elles sont systématiquement recadrées pour le blog.

Pause culturelle 😏

Hier matin, nous sommes allées visiter à pieds le musée national du costume situé à 2 pas de notre hôtel.

En chemin, j’ai été surprise de me faire apostropher vivement par un chauffeur de taxi… que peut il bien me vouloir… Christine m’explique que je n’ai pas répondu à son coup de klaxon… demande pas très explicite pour savoir si j’ai besoin de ses services… j’ai pas l’habitude de me faire klaxonner dans la rue, moi 😅…

La visite sera bruyante, des dizaines de groupes d’élèves se succèdent au pas de course dans les salles et les couloirs, encadrés par un guide et un professeur… C’est sûr, ils n’ont pas le temps de s’ennuyer, à peine le temps de prendre des photos avec leurs téléphones… je croise l’un de ces groupes au moment où le guide explique ce que les blancs… il me suit du regard… oups !!!

En résumé ce musée est chargé de conserver et de promouvoir le patrimoine vestimentaire Ivoirien. Outre la découverte des traditions vestimentaires, des masques, des costumes rituels et de cérémonie, ce fut l’occasion d’entrée dans l’ancienne demeure coloniale des gouverneurs construite en 1893.

Ce matin, je teste un truc de filles… le bouche à oreille fonctionne plutôt très bien… c’est en demandant à la serveuse du restaurant qu’une jeune femme vient d’Abidjan pour, normalement un soin des pieds et une épilation… finalement j’aurai aussi un soin des mains à la pierre ponce… elles n’auront jamais été aussi douces… Ici pas d’aide électrique, tout se fait à la main… et contre toute attente l’épilation à la crème dépilatoire… j’aurais pu y penser !!!

Bref je suis contente d’ajouter quelques francs au maigre salaire de cette jeune femme pleine de précautions pour ma peau de blanche… plus fragile que la peau des africaines… selon elle…

Prochaine frontière à l’approche…

Nous rejoignons Abidjan par la route côtière peu fréquentée, les ivoiriens ayant une préférence pour un chemin plus loin mais plus roulant… Nous la faisons en 2 fois, arrêt à Grand Lahou pour affronter la circulation de cette métropole africaine, encore à peu près fraîches 😎 (à notre âge c’est pas gagné !)… direction Cocody, le quartier des ambassades où nous espérons trouver un hôtel dans nos prix… on peut toujours rêver, non ?… finalement après 2 arrêts infructueux, nous changeons de stratégie… direction l’ambassade du Ghana… puis l’ambassade du Togo… pour des renseignements… l’hôtel ce sera de nouveau les pieds dans l’eau à Grand Bassam au sud est d’Abidjan…

Mais, revenons à nos prochaines destinations dont les frontières terrestres sont théoriquement fermées… Pour le Ghana, nous avons fait une demande officielle de laisser passer à son excellence l’ambassadeur… Nous attendons sa réponse qui devrait arriver d’ici une semaine… Pour le Togo, on nous a donné les formulaires à remplir pour les demandes de visa, le passage de la voiture devant se négocier à la frontière…

Alors nous prenons nos marques dans la vieille ville de Grand Bassam située sur une bande de terre coincée entre océan et lagune… Nous avons trouvé un petit restaurant bien sympathique où on peut manger autre chose que du poulet bicyclette(*) braisé pour moi et du poisson braisé pour Christine… C’est pas qu’il n’y a rien d’autre, la cuisine Ivoirienne est variée, mais nous évitons l’une et l’autre le piment…

On a bien essayé de demander une préparation en sauce sans piment en allant négocier directement en cuisine… pour le plus grand plaisir des cuisinières qui se plient en quatre pour nous satisfaire… mais comme la préparation se fait dans un seul et même pilon… 🥵

Donc outre le poulet ou poisson braisé & frites, voici ce qui nous est proposé…

Les sauces… claire, graine (à base d’huile jaune extraite de la noix du palmier), feuille, arachide, aubergine… qui servent de base à la cuisson des viandes ou du poisson.

Les accompagnements… Le foutou de manioc, de banane, d’igname, de taro, sous la forme d’une boule compacte après avoir été longuement pilé… L’alloco, bananes plantains bien mures découpées, frites et salées… l’attiéké, semoule faite à base de manioc.

Les fruits il faut les acheter sur le bord de la route sur de petits étals de bric et de broc tenus par des femmes… par seau ou grande bassine 🙄… Notre dernier achat, une dizaine d’ananas et une vingtaine de pamplemousses… heureusement que nous sommes équipées (couteau, planche à découper, bols…)

… Les mamies trotteuses qui croisent les doigts des mains et des pieds pour la prochaine frontière…

(*) Poulet très très musclé… à force de courir…

Journée tranquille ou presque…

Aujourd’hui direction Grand Bereby, situé à 52 km à l’ouest de San Pedro, pour passer un moment avec les petits cercopithèques au nez blanc.

Sans information sur l’heure de la visite, nous décidons de prendre le petit déjeuner en ville, l’hôtel ne le servant pas avant 8h30…

Si jusque là nous avons pu résister au nettoyage systématique de la voiture (par économie de la si précieuse eau), depuis quelques jours elle brille de mille feux sans qu’on nous le demande… Bon ! du coup il va falloir trouver le moyen de faire le grand nettoyage intérieur…

Comme toujours la route est pleine de nids de poule… à mi chemin, nous croisons 2 hommes charriant des seaux de terre pour reboucher l’un d’eux… au retour nous nous arrêtons pour leurs donner un petit pain et des vêtements d’enfant… ce travail est vraiment d’utilité publique !

Nous arrivons juste à temps à l’hôtel Katoum de Grand Bereby pour partir à la découverte de ces drôles de petits singes. Nous prenons une barque le long de la rivière Nero et nous nous dirigeons vers un endroit où la mangrove fait un creux… Fortes de nos précédentes expériences nous arrivons avec 2 kg de grosses bananes bien mures… très rapidement, ils sont là, toute une famille et c’est à qui pourra en attraper le maximum… Ils sont petits mais très gourmands… et nous nous apercevons rapidement qu’ils en stockent dans leurs joues… faisant grossir leur « barbe » à vue d’œil…

Comme toujours ce bon moment passe bien trop rapidement !!!

Sur la route du retour nous ne pouvons résister à la photo de la pancarte publicitaire aperçue à l’aller … sans commentaire… chacun appréciera !

Notre journée aurait pu s’arrêter là… une journée plutôt tranquille… c’était sans compter sur les aléas techniques fréquents en Afrique…Si le matin, on s’est adapté à la rupture de canalisation d’eau, au coucher, la panne électrique était plus gênante… d’autant qu’il n’y avait que notre chambre… tout le reste de l’hôtel fonctionnant normalement… comme dit Christine, il faut chercher le fil rongé par un margouillat ou un rat palmiste… du coup, changement de chambre… pour la « suite royale » avec une climatisation très moderne difficile à régler pour des mamies trotteuses… donc nuit très très fraîche…

😉

Un air de vacances…

Nous sommes posées à San Pedro au bord de l’océan atlantique !

De Bouaflé nous sommes descendues plein sud… petit arrêt à Yamoussoukro, capitale officielle de la côte d’Ivoire, pour une visite de la célèbre basilique Notre Dame de la Paix, commandé par Félix Houphouet-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire… ce monument est le plus haut édifice chrétien devant la basilique Saint Pierre de Rome… Il est incroyablement imposant… son immense dôme est visible à des kilomètres à la ronde… ouvrage pharaonique d’un autre temps… 😯

Après une partie d’autoroute qui nous a semblé trop courte, nous avons bifurqué vers l’ouest pour rejoindre San Pedro sans passer par Abidjan. Cette fois la route est plutôt piste noire… en slalom permanent pour éviter les nids de poules… de quoi attraper le mal de mer pour le passager… En bonnes mamies trotteuses, on l’a donc parcouru en 2 fois !!!

Nos arrêts sur la route me permettent de découvrir de plus près les plantations d’hévéas, d’ananas, d’anacardiers avec cette fois des noix de cajou… en devenir malheureusement…

Pour agrémenter notre chemin nous avons aussi parfois quelques échanges cocasses avec les policiers… après un bonjour « messieurs dames » (des dames qui voyagent seules c’est pas dans l’ordre des choses…), je m’entends dire « vous avez quelque chose sur le nez » 🤪… à la demande des papiers du véhicule, je présente mon permis de conduire… qu’il me rend sans l’ouvrir en me disant « je connais ça »… je présente ensuite la carte grise… qu’il me rend également « en disant je connais aussi »… la brigade anti drogue se présente… je comprends qu’il veut fouiller le véhicule mais quand je vais pour sortir, il me dit vous pouvez y aller… 🙄

Enfin nous arrivons à San Pedro, nous trouvons un petit hôtel bien sympathique juste sur le bord de la mer, les pieds dans l’eau… De quoi recharger les batteries avant de poursuivre notre route vers Abidjan pas très loin en kilomètres (339) mais très très loin en temps (minimum 9h de route)…

Vous ne verrez pas de lever de soleil sur l’océan… le ciel est toujours très nuageux le matin sous cette latitude… nous avons même eu quelques gouttes de pluie… Ici les températures descendent très peu, environ 27° au lever du jour et montent dans la journée jusqu’à 37°… mais ce qui est le plus difficile c’est qu’il fait « moite »… Au moindre effort, on dégouline… mais on va pas se plaindre… on pense à vous 😎😉